Grand Paris Sud et Coeur d’Essonne : vers une stratégie commerciale commune inédite

By 21 août 2019Presse

Les deux agglomérations s’apprêtent à signer, mardi 27 août à la Maison du Passeur à Ris-Orangis (91), une Charte de stratégie commerciale commune. Objectif : structurer les polarités commerciales à une échelle inédite, celle de deux territoires.

Grand Paris Sud et Cœur d’Essonne représentent le 1er pôle commercial français : à elles seules, les deux agglomérations concentrent 12% du commerce francilien, (respectivement 7,5% et 4,5%) avec un bassin de consommation avoisinant les 2 millions d’habitants. Situés à environ 20 minutes de Paris, les deux territoires constituent une destination de choix pour les acteurs du commerce et du e-commerce. Plusieurs pôles rayonnent au niveau de l’Ile-de-France : Evry2 (Évry), Carré Sénart (Lieusaint), la Croix Blanche (Sainte-Geneviève-des-Bois), Maison Neuve et les promenades de Brétigny, Marques Avenue A6 (Corbeil-Essonnes) ou encore les Marsandes (Avrainville). Et les agglomérations accueillent également 6 leaders du e-commerce : Cdiscount, Veepee (ex-Vente Privée), Amazon, Zalando, Sarenza et Casino.

À travers la signature de cette charte, Cœur d’Essonne et Grand Paris Sud affichent leur volonté de développer une stratégie commune pour mieux préserver, structurer et valoriser les activités commerciales sur leurs territoires.

Une démarche inédite: la concertation de deux agglomérations au service d’une stratégie commerciale dynamique

À l’échelle de l’Ile-de-France, définir une stratégie commerciale conjointe est une première. L’ambition commune recherchée est de :

  • mieux comprendre pour mieux s’adapter à l’évolution des modes de consommation, des attentes et des habitudes de mobilité des habitants,
  • faire de l’explosion du e-commerce un atout pour l’économie locale et de bénéficier de la création d’initiatives et d’emplois,
  • fixer des règles communes pour réguler la concurrence entre enseignes et territoires,
  • limiter la consommation d’espaces naturels et agricoles en préservant le paysage commercial existant.

Cette nouvelle échelle de régulation, portée par deux agglomérations, situe Grand Paris Sud et Cœur d’Essonne comme des acteurs de premier plan dans la contruction et le développement du Grand Paris et de l’espace régional francilien.

« Avec la volonté d’éviter toute forme de concurrence et de bénéficier de nos atouts mutuels, nous pourrons valoriser le commerce sur nos territoires, de même que l’emploi, le logement, les transports, le développement durable et le cadre de vie en général. » affirme Eric Braive, Président de Cœur d’Essonne.

« Avec la signature de cette charte, nous choisissons de parler d’une seule voix, au-delà de nos frontières administratives. Les outils dont nous disposons, à l’image du SCOT, nous permettront de faire entendre notre stratégie commerciale commune et nos objectifs. » poursuit Michel Bisson, Président de Grand Paris Sud. En effet, les objectifs fixés dans la Charte seront intégrés au Schéma de cohérence territoriale (SCOT) des deux agglomérations. C’est déjà le cas pour Cœur d’Essonne, depuis février.

Une offre commerciale dynamique, mais des défis

En 2018[1], Cœur d’Essonne et Grand Paris Sud ont réalisé une étude commune, conduite par le Cabinet Bérénice, qui précise les contours et les grands enjeux de l’offre commerciale sur les deux territoires.

  • Une zone marquée par l’évasion : si 9 habitants sur 10 fréquentent les centres commerciaux ou les zônes d’activité, et ¾ les centres villes des deux agglomérations, ils sont aussi 83% à consommer hors-zone.
  • Les centres commerciaux et les parcs d’activités sont largement privilégiés, grâce à leur accessibilité et leur praticité (parking, grand choix d’enseignes, prix pratiqués). Les centres-villes, quant à eux, font face à un vrai défi pour capter et fidéliser leur clientèle : les habitants attendent davantage de services (restauration de bouche, espaces de repos, cinéma…) et un meilleur confort (parking gratuits, sécurité, propreté…)

Réguler l’offre commerciale actuelle et future

Entre 2009 et 2017, 238 000 m² de ventes ont été autorisés, et 130 000 m² restent encore à ouvrir. L’objectif est de diviser d’au moins par deux cette croissance pour ramener l’objectif de 10 à 15 000 m² de ventes/an. Cette croissance révisée prend en compte, d’une part la dynamique démographique projetée, de l’autre les perspectives visant à préserver et moderniser l’appareil commercial, à revitaliser les centralités, tout en protégeant les espaces naturels et agricoles et la qualité de vie des habitants.

Les deux agglomérations s’engagent à limiter le développement de nouvelles implantations commerciales ex-nihilo (supérieures à 5 000 m²) et donneront la priorité à la réhabilitation de l’existant et la valorisation des friches.

Réinventer les polarités commerciales

Pour soutenir l’existant et les centralités, Grand Paris Sud et Cœur d’Essonne sont engagées dans les « Actions cœur de ville » – un dispositif du Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales visant à répondre aux problématiques de vitalité économique et commerciale, ainsi que de qualité de vie.

Aujourd’hui, quatre villes sont entrées dans le programme : Saint-Michel-sur-Orge, Arpajon, Corbeil-Essonnes et Évry.

Pour le territoire de Cœur d’Essonne, Saint-Michel-sur-Orge s’engage dans un ambitieux programme de requalifactation urbaine avec comme enjeu la rénovation de l’hypermarché, moteur économique de la ville. Pour Arpajon, il s’agit de dynamiser ce pôle de centralité majeur pour le sud du territoire, à travers la restructuration et l’aménagement urbain en cœur de ville.

Pour Grand Paris Sud, une vaste opération est en cours à Évry, mêlant acteurs publics et privés. SCC (Société des centres commerciaux) repositionne l’offre de son centre commercial Evry2, en intégrant davantage d’enseignes de restauration. De son côté, Grand Paris Sud requalifie les espaces publics : Arènes, Agora, piscine et patinoire. À Corbeil-Essonne, ce sont les deux centres historiques, Corbeil et Essonne, qui sont repensés, avec la rénovation de l’habitat, le remaillage commercial, la création de places de vie, la mise en valeur du patrimoine, l’accessibilité et la mobilité. L’objectif : réinventer ces polarités en cohérence avec les attentes actuelles et futures des utilisateurs, tout en préservant le tissu économique et commercial existant.

Une filière d’excellence et d’innovation dans le commerce

Aujourd’hui, environ 40% des habitants[1] estiment se rendre « de moins en moins souvent » dans les centres commerciaux et commerces de centres-villes, alors qu’ils sont 40% à acheter « de plus en plus souvent » sur Internet. Les consommateurs sont de plus en plus à la recherche d’espaces qui lient consommation et pratique de loisirs. Ils sont aussi en quête de lieux qui facilitent leur quotidien.

« Cœur d’Essonne et Grand Paris Sud sauront accueillir les nouveaux formats commerciaux, qui offrent une expérience recherchée par les consommateurs. Ce seront de nouveaux concepts singuliers, bénéficiant d’un supplément d’âme ou proposant de meilleures synergies avec des secteurs voisins comme la culture, les loisirs ou l’animation. » explique Michel Bisson.

« Sur nos deux territoires, tous les acteurs de la chaine du commerce, et du e-commerce, sont représentés. Cet aspect est suffisamment rare en Ile-de-France pour être exploité. Nous entendons rapprocher les différents acteurs, au moins une fois par an lors d’une conférence, afin de faire éclore des solutions insolites et innovantes pour le commerce de demain. », conclut Eric Braive.

Outre la récente implatation d’Amazon sur son territoire, Coeur d’Essonne a su nouer un partenariat avec le Groupe Casino, leader du e-commerce alimentaire, pour valoriser les productions locales bio à travers le commerce en ligne : c’est une piste concrète pour répondre à l’évolution des habitudes de consommation, promouvant la qualité, le bio et le local. Les productions bio et locales du projet « Grande ferme agrobiologique » porté par Cœur d’Essonne, avec Grand Paris Sud comme partenaire, seront donc pour une part distribuées par les acteurs du e-commerce du territoire.

[1]Étude réalisée en septembre 2017 pour Cœur d’Essonne et Grand Paris Sud sur un panel de 400 habitants.