Paris La Défense s’est doté d’une Raison d’être qui prévoit notamment de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 1990, année de référence de la planification climatique à l’échelle mondiale [1]. Cette ambitieuse stratégie de décarbonation (-50 % d’ici 2030 à Paris La Défense contre -40 % au niveau national) est aujourd’hui sur la bonne trajectoire. Entre 2019 et 2024, la baisse enregistrée s’élève à 14 % (et près de 40 % depuis 1990), confirmant que le cap est bon pour atteindre les ambitions annoncées. Un rythme à maintenir en conservant une vigilance soutenue.
En 2024, le territoire de Paris La Défense a émis 760 530 tCO2e [2], soit une baisse de 14 % par rapport à 2019 (882 755 tCO2e). Le premier poste d’émissions réside dans le bâtiment [3] (39 %), sujet majeur sur lequel un profond travail a été opéré puisqu’il apparaît en baisse de 16 % par rapport à la période de départ. La deuxième source d’émissions relève des déplacements (36 %) et la troisième de l’alimentation (16 %).
Premier territoire français à rejoindre Cities Can B, un mouvement mondial réunissant acteurs publics et privés pour penser et mettre en œuvre une transition écologique et sociale adaptée à l’échelle de son périmètre, Paris La Défense dresse un bilan intermédiaire quant aux avancées réalisées et aux défis qui restent à relever.

Le bâtiment (298 603 tCO2e) : une filière en progrès
Si le volet construction/restructuration affiche une baisse de 9 % notamment en raison d’une prise de conscience générale qui privilégie les restructurations de bâtiments obsolètes au détriment des redéveloppements, c’est la consommation énergétique qui a surtout performé, en chutant de 27 %.
La sensibilisation des populations, l’évolution des usages et des comportements, ainsi que l’augmentation des coûts énergétiques à partir de 2022 ont contribué à cette réduction. Parallèlement, la compétition CUBE, le championnat de France des Économies d’Énergie, à laquelle l’établissement participe depuis 3 saisons, s’est inscrite dans cette mouvance. Ce concours améliore la sobriété énergétique des bâtiments et permet de créer une réelle émulation des acteurs du quartier. En seulement trois éditions, 49 GWh ont ainsi été économisés (soit environ 3 000 tCO2e), représentant un montant non dépensé d’environ 5 M€. Chaque année, les immeubles engagés dans le concours ont mesuré des baisses de consommation de l’ordre de 15 % en moyenne. Pour les années à venir, le développement du réseau de chaleur du quartier (26 km pour alimenter 125 immeubles), désormais alimenté par la plus importante chaufferie à agropellets de France, va soutenir significativement l’amélioration des performances, le système permettant d’économiser environ 5 % des émissions du territoire.
Pour éviter tout rebond, les prochains chantiers devront respecter un cahier de prescriptions spécifiques mis en place par Paris La Défense. Le recours au ré-emploi est aussi préconisé car il réduit de 13 %, toutes choses égales par ailleurs, l’empreinte carbone d’un développement immobilier. Ces incitations relèvent de la même logique que la RE 2020 qui poursuit la baisse des seuils de l’empreinte carbone autorisée tant en immobilier résidentiel que de bureaux.
Exemple significatif : la tour Aurore. En optant pour une restructuration lourde et non une démolition/reconstruction, 5 300 tCO2e ont été économisées.
Point à souligner : la restructuration a permis une réduction d’un facteur 20 des besoins énergétiques du bâtiment (de 80 kg/CO2/m2/an à seulement 4 kg/CO2/m2/an).
Les mobilités (269 600 tCO2e) : des pratiques moins énergivores
Particulièrement bien desservi en transports en commun (cinq modes) et de plus en plus accessible à vélo, le quartier progresse aussi sur le plan des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux déplacements des personnes. Ce chiffre a baissé de 20 % en 5 ans. Une fois encore, l’évolution comportementale des quelque 270 000 salariés et étudiants fréquentant les lieux impacte positivement cette performance. Côté entreprises, la nette baisse des voyages en avion est aussi un paramètre intégré. En termes de mobilité, environ 8 salariés sur 10 recourent aux transports en commun, 14 % utilisent un mode actif (parmi lesquels 42 % viennent à pied) et seulement 9 % empruntent des véhicules motorisés (dont 23 % en motos ou scooters).
Pour encourager les vélotaffeurs, le quartier étudie l’implantation de 32 stations Vélib’ (1 200 bornes) et 9 km de voies cyclables supplémentaires seront déployées d’ici 2030.
Exemple significatif : le parking Centre Grande Arche Q-Park, situé sous le parvis, multiplie les incitations en faveur des transports plus écologiques. 110 bornes de recharge pour les véhicules électriques ont été installées et 200 places sécurisées pour les vélos.
Initiative à souligner : la mise à disposition de 10 voitures électriques pour les petits trajets professionnels, parc qui sera quintuplé en 2026.
L’alimentaire (120 000 tCO2e) : vers plus de sobriété
Troisième volet participant à l’amélioration du bilan carbone de Paris La Défense : l’alimentation. Le quartier gère mieux ses denrées alimentaires. Les campagnes de sensibilisation et les initiatives contre le gaspillage se sont révélées efficaces dans un pôle urbain riche en restaurants d’entreprises (RIE). Une baisse de la consommation de viande a aussi été observée, évolution à prendre en considération car si un repas 100 % végétarien était servi une fois par mois par tous les RIE du quartier, 2 000 tCO2 seraient économisées annuellement. Ces progrès permettent à Paris La Défense d’améliorer de 5 points sa note par rapport à la période de référence.
Exemple significatif : lors de la dernière pesée de repas organisée par l’association La Défense des aliments au sein de plusieurs restaurants inter-entreprises, ont été mesurés les résultats des actions menées : le gaspillage a encore diminué par rapport à la campagne précédente et a été divisé par 2,7 depuis 2020. Cela représente près de 6 000 t de CO2 évitées. Le volume de denrées jetées reste encore trop important mais il est en baisse continue depuis 2018 grâce au programme de sensibilisation, à l’évolution des pratiques dans les cuisines et des comportements des usagers dans les restaurants.
« Nous nous réjouissons que Paris La Défense se situe, à mi-parcours, sur la bonne trajectoire, prouvant que l’objectif ambitieux fixé il y a cinq ans, loin d’être du greenwashing, a au contraire permis de mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire et d’enregistrer de premiers succès convaincants et mesurables. En poursuivant la réduction de l’empreinte carbone de La Défense, de l’ordre de 3 % par an pour atteindre la cible 2030 (sans nous interdire d’aller au-delà !), nous apporterons la preuve qu’un grand quartier d’affaires mondial est capable de réaliser, en dix ans, une transition écologique inédite, gage d’attractivité et de renouveau. » conclut Pierre-Yves Guice, directeur général de Paris La Défense.
[1] Les données climatiques de 1990, date du premier rapport du GIEC, ont été systématiquement prises en référence à l’échelle mondiale depuis le protocole de Kyoto pour évaluer les efforts de décarbonation (et repris notamment dans les stratégies bas-carbone européennes et françaises). Pour donner un point de comparaison plus proche, les émissions de gaz à effet de serre de 1990 sont, en France, équivalentes à celles du milieu de la décennie 2010 (elles avaient augmenté puis diminué entre temps).
[2] Tonne d’équivalent dioxyde de carbone.
[3] Construction, restructuration et énergie.
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